Catégorie : Carte de progression

Retour sur terre : image du jour (8 juin)

Népal, Manaslu – 15  mai 2009 … à la recherche de la tente perdue

Crédit Photo Hubert Odier Manaslu2009 la tente perdue

Rappelez-vous le billet de Philippe du 28 mai :

Extrait « Vendredi 15 Mai : Objectif : retrouver la tente pleine de matériels, du gaz notamment, que nous avions laissée avant la tempête. Nous avons les coordonnées GPS, mais à 20 mètres près, vagues. Un des sherpas est plus efficace que la haute technologie: sonde en bambou, intuition, il ne nous faut que 4 heures d’efforts avec de la neige jusqu’au cou. »

Crédit photo : Hubert Odier - Manaslu 2009

Retour sur terre : image du jour (6 juin)

Quelques flocons de neige au mois de mai dans l’Himalaya….

Credit Hubert Odier Manaslu mai 2009 tentes sous la neigeCrédit photo : Hubert Odier/Manaslu 2009

Retour sur terre : image du jour (4 juin 2009)

L’homme et la nature

Les Manaslu 2009 emmenés par Paulo Grobel s’attaquent au 8e géant du monde. Grandiose!

Crédit photo Hubert Odier Manaslu hommes vs nature logo

Crédit photo : Hubert Odier/Manaslu 2009

100 m au dessus du niveau de la mer

Philippe est de retour à Poitiers depuis dimanche 31 mai.

En forme !

Il nous donnera ses premières impressions très très prochainement. En attendant et comme cadeau de bien »revenu »e : une  image prise lors de l’ascension, préparation du camp 4, très très au dessus du niveau de la mer.Philippe Mahou, Manaslu mai 2009 prépa camp4

Retour sur terre : petit mot de Florent (30 mai – Poitiers)

Message de Florent aux lecteurs du Blog Manaslu 2009

Florent Valleise« Bonjour,

Je suis très attentivement la suite et la fin de cette belle aventure …

Je vais beaucoup mieux et je remercie sincèrement ma famille, mes proches ainsi que mes clients pour leur chaleureux soutien et pour m’avoir permis de m’absenter.

Je suis maintenant reposé, en bien meilleure santé, svelte (taille mannequin … enfin presque).

Il est bien difficile de faire partager en quelques lignes nos émotions vécues là-bas dans une nature grandiose et authentique, nos joies, nos peurs, …

La montagne m’a toujours appris à être honnête avec moi-même et avec ce que je fais, à ne pas tricher. C’est une école dure, parfois même cruelle comme a pu le raconter Philippe.Carnet expédition Manaslu

J’avais noté cette phrase, je ne sais plus qui l’a écrite: Les montagnes n’appartiennent à personne, c’est bien connu, mais les expériences appartiennent à chacun.

J’espère que très bientôt nous pourrons vous raconter nos périples. Encore merci à nos sponsors, aux personnes chargées de la mise en place et du suivi de toute la logistique administrative, informatique, à mes équipes qui ont su relayer mon absence et à ceux forcément que je vais oublier de citer.

Et puis, une très affectueuse pensée à Amélie et Sylvain, à Enzo …

J’ai plein de belles photos à vous montrer.

Florent« 

Au jour le jour : les mécènes sportifs de l’expédition

Les partenaires de l’aventure Manaslu2009

L’expédition de Florent et Philippe a été financée par des fonds de mécènes sportifs, des entreprises qui ont fait le choix d’investir dans une aventure humaine et sportive (lire le billet sur le mécénat sportif).

Qui sont-elles? Des entreprises et des organismes poitevins mais également des entreprises implantées dans toute la France (lien vers leurs sites dans la colonne de droite).

Partenaires Manaslu 2009

Leurs motivations? associer leur image à celle d’une aventure qui véhicule des valeurs fortes : solidarité, volonté individuelle, esprit d’équipe, effort, dépassement de soi…

NB : Le mécénat solidaire ou les fonds récoltés auprès des particuliers et des organismes qui ont choisi de soutenir le volet solidaire de ce projet vont eux permettre à Amélie et Sylvain d’aller à la montagne avec leur maman, Fabienne.

Message de Philippe, vendredi 29 mai 18h (à Poitiers)

Dernière nuit à Katmandou…

Flash back (épisode 5 et fin)

Mardi 19 Mai : Nuit correcte. Beau temps. Levé 5h, départ 6h pour le dernier camp à 7400m. Hier, Luc a renoncé et est redescendu avec un sherpa. La neige devient glace, bleue, beaucoup plus dangereuse. Nous arrivons sur le dernier plateau et sommes accueillis par un alpiniste mort, qui tend la main comme pour appeler à l’aide. Séquence frisson.
Nous croisons de nombreuses tentes écrasées, j’ai l’impression d’entrer dans un cimetière. On croise quelques zombis avec des masques à oxygène qui arpentent tant bien que mal, cette immense surface de glace, casse-gueule au possible.
D’une dizaine de tentes émergent ici et là des soupirs de douleurs de ceux qui vont devoir passer une nuit à cette altitude.
L’ensemble nous fait grosse impression, je suis assez angoissé… pourtant notre petite équipe est en excellente santé et nous sommes déterminés à réussir le sommet demain. Vous connaissez la fin de l’histoire…

Aujourd’hui 29 mai : dernière nuit à Katmandou avant de reprendre l’avion.

Je veux remercier tous nos sponsors et leur donner rendez-vous fin juin pour la soirée de retour.
Un petit coucou à Fabienne et à sa famille, à Enzo et à l’équipe d’Oasis, un énorme bisou à toute l’équipe du Love Money et à notre webmaster.

Pour répondre à une question par rapport à la déception du sommet, une réponse: on est vivant, on peut apprécier ce qui a été vécu et on peut recommencer.

Dans quelques jours les premières photos de l’expédition (merci Michel).

À très vite,
Philippe

Carte postale François Damilano – 29 mai (Népal)

Personnages de TardiLa carte de François Damilano de ce jour est saisissante.  Il revient sur le lundi 18 mai, dernier camp avant le sommet.

On croise dans son récit  « une sentinelle gelée« ,  des « silhouettes masquées et titubantes« , des personnages à la Tardi…

Le pays de l’oxygène rare est peuplé d’étranges créatures.

À vous de lire : « Chronique d’un 8000 mètres : Un champ de bataille »

Source : site Libévoyage - Illustration : Historial de la grande guerre/ Tardi

Au jour le jour : le pays de l’oxygène rare

Pour prolonger les « Flash back de Philippe » et mieux appréhender les conditions extrêmes dans lesquelles nos deux alpinistes ont vécu :

Florent et Philippe  ont affronté un phénomène physique qui devient redoutable dès lors que l’on est en altitude extrême (+ 5 000 m) : l’hypoxie. Elle entraîne le mal des montagnes, plus ou moins aigu.

La définition de l’hypoxie

L’être humain a besoin d’oxygène pour vivre. Cet oxygène contenu dans l’air est transporté par l’hémoglobine, contenue dans nos globules rouges, et constituant de notre sang.

Si l’apport en oxygène diminue, le sang transporte moins d’oxygène : c’est l’hypoxie. C’est une forme d’asphyxie de notre organisme et des tissus qui le composent entraînant une souffrance cellulaire en particulier aux niveaux cérébral et pulmonaire.

L’hypoxie et l’effort physique

Gouttes de sangLorsque l’altitude augmente, la pression atmosphérique diminue. Lorsque la pression atmosphérique diminue, la pression partielle de l’oxygène dans l’air ambiante diminue. Conséquence : il passe une moins grande quantité d’oxygène dans le sang.

L’oxygène est indispensable à l’effort musculaire, l’hypoxie diminue la performance sportive.

À 5000 m le volume d’oxygène est diminué de 30% ; à 8 000 m de 70%. Pour compenser cette rareté d’oxygène, l’organisme a besoin d’un nombre plus important de globules rouges.

 L’acclimatation progressiveIllustration montagne

Les 10 jours de trek avant l’ascension ont permis aux organismes des équipiers Manaslu 2009 de multiplier leurs globules rouges et d’affronter les derniers 3 000 m de dénivelé dans les meilleures conditions possibles.

L’expérience de Florent et Philippe nous enseigne qu’il existe une grande variabilité individuelle dans la réponse à l’altitude. Pour éclairer la décision de Paulo Grobel, il faut également savoir que pour l’homme, la vie permanente au delà de 4 000 m n’est pas possible ;  l’état de santé, après une phase d’acclimatation, se dégradant au fur et à mesure que le séjour se prolonge.

Message de Philippe, ce jeudi 28 mai, 13h (à Poitiers)

Flash back (épisode 4)

Jeudi 14 Mai : Beau temps glacial. Nous enfilons toutes les couches de vêtements que nous possédons. Nous avons finalement passé 6 nuits sous notre sérac, dont 4 de tempête, à nous demander combien de temps il nous restait à vivre… Chacun a géré l’angoisse à sa façon, mais nous avons pu continuer à boire nos 4 litres de neige fondue par jour et à nous alimenter correctement.

Enfin, nous montons à la vitesse de l’escargot à cause de la poudreuse accumulée et nous installons le camp à 6 400 mètres grâce à 2 allers-retours dans la journée.

Vendredi 15 Mai : Objectif : retrouver la tente pleine de matériels, du gaz notamment, que nous avions laissée avant la tempête. Nous avons les coordonnées GPS, mais à 20 mètres près, vagues. Un des sherpas est plus efficace que la haute technologie: sonde en bambou, intuition, il ne nous faut que 4 heures d’efforts avec de la neige jusqu’au cou.

Retour au camp 4. D’autres humains montés du camp de base, nous ont enfin rejoint. Une anecdote: selon Laurent, qui est resté plusieurs jours malade au camp de base, nous passions pour morts…

Samedi 16 Mai : Progression normale, nous installons le camp suivant à 6 800 mètres et faisons 2 portages (cela devient plus facile, le poids de nourriture à transporter diminuant).

Dimanche 17 Mai : Nous sommes encore cloués au camp, par le vent cette fois. 70km/h, rafales à plus de 100, la tente est définitivement l’espace de survie. Nous sommes réellement bien acclimatés et nous ne souffrons pas trop, contrairement aux cordées qui montent et descendent, s’épuisent, manquent d’alimentation et d’hydratation. Lorsqu’ils arrivent, ils ont tout juste la force de monter leurs tentes et s’écroulent alors qu’ils devraient boire 2 litres d’eau minimum ; c’est ce qui est arrivé à 2 italiens l’autre jour, l’un est mort de déshydratation et l’autre a été sauvé in extrémis par des médecins espagnols au camp de base.

Lundi 18 Mai : Mauvaise nuit à cause de deux débuts de gelure aux pouces, qui m’inquiètent. La journée est marquée par une autre péripétie. François veut nous filmer, il s’installe plus haut dans la pente. Ambiance tourbillon de neige à 50km/h, ce doit être effectivement très joli dans le soleil! Nous montons vers lui. Une énorme rafale nous cloue soudain au sol et son sac à dos qu’il avait posé sur la neige s’envole comme un fétu de paille. François hurle son désespoir, il a notamment à l’intérieur son panneau solaire, la connectique, sans parler des affaires de montagne. Par chance, son sac s’arrête 5 à 600 mètres plus bas ; il est quitte pour un nouvel aller-retour …

À demain !