Catégorie : Carte de progression

Carte postale de François Damilano – 26 mai (Népal)

Photo François Damilano Libévoyage 26 mai 2009François Damilano, comme Philippe le fait depuis plusieurs jours, revient sur les événements des derniers jours de l’ascension du Manaslu. Beaucoup d’émotions pour ce passionné de haute montagne.

À vous de lire : Chronique d’un 8000: la solitude du guide

Photo : François Damilano - Libévoyages

Message de Philippe, ce mercredi 27 mai, 15h30 (à Poitiers)

Flash back (épisode 3)

Lundi 11 Mai : réveil inquiétant, il a tellement neigé que le double toit de la tente que je partage avec Paulo et Luc, est déchiré. Il est tombé plus de 2 mètres. Nos tentes sont complètement ensevelies et nous devons pelleter pour éviter que pareille mésaventure ne se reproduise.

Vers 13 heures 30, le sérac qui nous protége, se purge et notre petit camp est enseveli sous une nouvelle avalanche de neige. Par chance, aucune tente n’a cédé cette fois. Nous reprenons les pelles et déplaçons nos abris de survie de quelques mètres pour tenter d’éviter ces purges importantes. Toute la nuit, nous écoutons la montagne et craignons une nouvelle avalanche plus importante qui pourrait nous ensevelir.

Mardi 12 Mai : vers 3 heures 30, il neige toujours, Paulo nous demande de dégager une nouvelle fois nos tentes. Nous nous équipons et sortons dans la tempête pour préserver notre espace de vie. Cela nous change de l’inquiétude, de l’angoisse, en nous obligeant à nous activer et à penser à autre chose.

Nous finissons le pastis!

Mercredi 13 Mai : au matin, la tempête s’arrête enfin. Nous avons vécu près de 3 jours dans l’expectative ; attendre de la sorte est une expérience inoubliable! Nous nous dissipons pour commencer à tracer une nouvelle voie d’accès vers le haut. Les 2 mètres de neige ont tout gommé, tout recouvert. Comme un peloton cycliste face au vent, nous nous relayons par tranche de 5 minutes, c’est éreintant! Nous progressons de 200 mètres de dénivelé tout au plus.

À demain !

NB : aujourd’hui, 27 mai, nous venons d’arriver à Katmandou, c’est la première douche depuis un mois… Les pouces guérissent, je n’ai plus d’inquiétude à ce sujet.

Au jour le jour : vous et le blog Manaslu 2009

Des commentaires passionnésblog

75  articles (billets de Philippe et Florent, cartes postales de François Damilano, billets thématiques…) et près de 200 commentaires postés sur le blog Manaslu 2009 depuis le début de l’expédition. Des commentaires sous forme de messages adressés à Florent, Philippe et autres membres de l’équipe Grobel/Manaslu 2009 : Paulo, François, Luc, Laurent, Pierrol…. Des messages envoyés par la famille, les amis, des passionnés de montagne, des anonymes, des esprits critiques (parfois)…

Tous ces commentaires ont donné à l’aventure himalayienne de Florent et Philippe une vraie dimension émotionnelle. Ils ont permis de patienter en attendant les nouvelles de nos grimpeurs, de partager les impressions et les inquiétudes, de permettre à Florent et Philippe (dès son retour) de mesurer la ferveur qu’ils ont suscitée.

Un rendez-vous quotidien

Ces dernières semaines, vous avez été entre 250 et 300 par jour à venir prendre des nouvelles des Himalayistes soit près de 3 000 visites sur la phase finale de l’ascension (14-24 mai). Le blog a enregistré un pic de fréquentation les 19 et 20 mai pour le billet de Philippe en direct du camp 7 à la veille de la tentative d’ascension du sommet : 800 internautes sur deux jours.

Centre presse, Libévoyages, Mond’école (site des enfants scolarisés au Cned), le site de nos partenaires (liste en colonne de droite)… ont fait des liens vers le blog Manaslu 2009.

Le blog continue !

Philippe va envoyer des billets en direct du Népal jusqu’au 3O mai, date de son embarquement pour la France.

À partir de début juin, le blog va permettre à nos deux Himalayistes de nous en dire plus en mots et en images... et d’annoncer des dates de rencontres.

MERCI

À très vite  donc !

Webmaster du site : Philippe Ringuet

Message de Philippe, ce matin, mardi 26 mai, 8h30 (à Poitiers)

Flash back (épisode 2)

Vendredi 8 Mai : Florent a toujours mal de tête, il doit redescendre au camp de base. Nous improvisons une petite cérémonie d’adieu ; moment émouvant…

Nous montons au camp 3 et installons nos tentes sous la traditionnelle neige de l’après-midi. Notre routeur météo, Yann, depuis Chamonix, nous prévient de 3 journées pleines de gros mauvais temps à partir de demain après-midi.

Samedi 9 Mai : portage dans la perspective du camp suivant. Nous laissons un gros dépôt de matériel à 6 500 mètres. Toutes les autres expéditions se rendent au camp de base à cause du mauvais temps attendu. Nous serons seuls dans la montagne…

Dimanche 10 Mai Laurent ne va pas bien du tout. Une liaison téléphonique avec les médecins de l’IFREMONT confirme le diagnostic : mal aigu des montagnes ; il doit redescendre immédiatement au camp de base, accompagné de 2 sherpas.

Nous attendons tranquillement la neige en retriant toute la nourriture d’altitude. Moment magique à plus de 6 000 mètres, qui nous rapproche les uns des autres.

À demain !

Au jour le jour : Florent témoigne

Florent Valleise

Florent Valleise

Premières impressions de Florent de « retour sur terre » à lire dans un article paru ce week-end (numéro daté du samedi 23 mai 2009) dans la Nouvelle République (page 3 – Vienne actualité).

Extrait :  » Je me sens très bien. Je suis juste un peu fatigué mais c’est une fatigue saine, de montagne ».

Drapeaux

 

 

 

>>> Article complet en ligne : Nouvelle République – samedi 23 mai 2009

Message de Philippe, ce jour, lundi 25 mai, 15h (à Poitiers)

Flash-back (épisode 1)

Lundi 4 Mai : du camp de base (4 900 mètres), nous montons au camp 1 (5 400 mètres), sous le régime soleil jusqu’à midi, neige l’après-midi ; il tombe entre 10 et 20cm tous les jours. Nous finissons le pain de Jacques Mahou, qui aura tenu 3 semaines!  Il est merveilleux!

Mardi 5 Mai :  montée au camp suivant (5 650 mètres) camp 2. Installation sommaire. Florent souffre de la tête.

Mercredi 6 Mai : journée de portage entre les camps 1 et 2. Nous assurons nous-mêmes une partie essentielle du portage contrairement aux autres expéditions « clés en mains ». Très belle montée entre les séracs, très impressionnante. Nous souffrons quasiment tous d’un début de mal aigu des montagnes (MAM), que nous traitons à l’aspirine avec succès.

Jeudi 7 Mai : 4 heures de marche entre les séracs du glacier et quelques passages bien raides équipés de cordes fixes que nous laissons au profit de la technique alpine traditionnelle (piolets et crampons). Nous installons le camp 3 à l’abri d’un sérac de 30 mètres qui devrait nous protéger des jours de mauvais temps attendus. Florent souffre toujours de la tête et se demande s’il pourra continuer.

À demain!

Message de Philippe, dimanche 24 mai, 14 heures (à Poitiers).

Mercredi 20 Mai :  jour de grande frustration. Vers 7 700 mètres, alors que nous progressions allègrement, vers 7 heures 30, Paulo prend la décision de faire demi-tour ; elle s’applique à toute l’expédition, en dehors de François DAMILANO, également guide, qui décide de continuer. Il progresse une centaine de mètres et renonce à son tour « l’atmosphère est trop glauque » nous dit-il.

Nous démontons les tentes installées à 7 400 mètres et commençons la descente, dangereuse, sans visibilité, dans le cumulus qui noircit.

Vers 11 heures 30, nous repassons devant « Arthur », le grimpeur anonyme, mort, figé dans la glace à 7 300 mètres, qui salue de sa posture glacée d’appel à l’aide, les candidats au sommet.

Coup de théâtre, vers 13 heures 30, le ciel s’éclaircit, le beau temps s’installe pour tout l’après-midi nourrissant nos regrets et nos conversations :

- avons-nous fait une erreur de diagnostic météo? Yann, notre routeur météo à CHAMONIX, culpabilise ; il a lu trop tard pour nous en informer, que les cumulus du petit matin se dissiperaient, nous offrant un créneau conséquent pour monter au sommet.

- ne pouvait-on pas dormir une nuit de plus à 7 400 mètres? À cause des 4 jours de tempête, nous avons déjà ajouté 2 jours au process initial. Notre guide a estimé d’une part, que 18 jours à plus de 5 000 mètres étaient une épreuve qu’il ne fallait pas prolonger et d’autre part, que la logistique du retour ne permettait pas de perdre un troisième jour supplémentaire.

Faire l’ascension d’un 8 000 mètres, c’est comme entrer dans la cage du lion. Si on prend trop de risque, si on ne respecte pas le process et le calendrier défini à l’avance, on ferme derrière soi la porte de la cage et l’issue est inéluctable.

Pour ma part, avec 2 côtes cassées dès le 24 avril, j’ai cru longtemps ne pas être en mesure de poursuivre la course. Je ne suis pas trop déçu d’avoir du renoncer avec mes camarades à 7 700 mètres et vous raconterai dans les prochains billets les péripéties, les drames et les joies qui furent nombreux dans cette ascension.

À demain,
Philippe

Message de Philippe (redescendu à 3.400 mètres), ce vendredi 22 mai, 18 heures (Poitiers)

7.700 mètres, altitude maximale!

Mercredi 20 mai : nous sommes au dernier camp et nous ne souffrons pas des phénomènes habituels dus à l’altitude ; nous nous sommes bien acclimatés ; nous avons beaucoup diné et petit-déjeuné. Personnellement, je ne me sens pas atteint par des troubles du comportement et suis prêt à affronter le dernier jour d’escalade pour atteindre le sommet.

La nuit est très froide. Nous nous réveillons vers 3 heures ; il nous faut 2 heures pour nous restaurer et nous équiper avant de sortir de la tente. J’ai quelques inquiétudes, l’extrémité de mes deux pouces étant un peu gelée.

Nous partons, sereins, au lever du jour.

De ce camp 7, nous avons une vue extraordinaire : en dehors du Manaslu, il n’y a aucun sommet plus haut.

Nous progressons avec prudence sur la glace vive, mais rapidement ; nos sacs sont presque vides et nous sommes très motivés.

Vers 7 heures du matin, le ciel se charge douloureusement… La décision de Paulo n’est pas discutable: nous faisons demi tour!

Nous sommes à quelques 4 heures du sommet et nous vivons ce changement de direction comme une injustice, mais nous sommes tous vivants et en bonne santé!

Dans une prochaine chronique (en principe, demain), j’expliquerai plus précisément les raisons de notre renoncement à 500 mètres du but.

Carte postale François Daminalo – 20 mai (Népal)

Le somment du Manaslu presque atteint (Photo F Damilano pour libévoyage)Presque… Quelle aventure tout de même !!!

Extrait :  « En fait, le mauvais temps est arrivé tout de suite. Beaucoup de blizzard, tout était très  sombre. On montait, montait, puis Paulo a décidé que la sécurité imposait de ne pas poursuivre. »

 

 

Pour lire la carte postale de FD (libévoyages): Chronique d’un 8000: le sommet enfui

Photo : libévoyages

Carte postale François Damilano – 19 mai (la suite)

La suite de la chronique de François Damilano, le guide caméraman de l’équipe Manaslu 2009, a été postée dans la soirée d’hier sur le site Libévoyages. On y apprend qu « un 8000, ça reste une entreprise difficile pour tout le monde ».Le film sur l'expédition sur le Manaslu projeté dans votre entreprise

Extrait : « …Les conditions de notre vie quotidienne sont dures. On est évidemment fatigués mais en revanche, on est tous en bonne santé, aucun de nous ne souffre de maux de tête ou de problème dû à l »altitude… »

Pour lire  la carte postale >>> Chronique d’un 8000 : « un 8000, ça reste une entreprise difficile pour tout le monde »

Thème WordPress par Philippe Ringuet