Catégorie : Ascension sans oxygène

Carte postale François Damilano – 29 mai (Népal)

Personnages de TardiLa carte de François Damilano de ce jour est saisissante.  Il revient sur le lundi 18 mai, dernier camp avant le sommet.

On croise dans son récit  « une sentinelle gelée« ,  des « silhouettes masquées et titubantes« , des personnages à la Tardi…

Le pays de l’oxygène rare est peuplé d’étranges créatures.

À vous de lire : « Chronique d’un 8000 mètres : Un champ de bataille »

Source : site Libévoyage - Illustration : Historial de la grande guerre/ Tardi

Au jour le jour : le pays de l’oxygène rare

Pour prolonger les « Flash back de Philippe » et mieux appréhender les conditions extrêmes dans lesquelles nos deux alpinistes ont vécu :

Florent et Philippe  ont affronté un phénomène physique qui devient redoutable dès lors que l’on est en altitude extrême (+ 5 000 m) : l’hypoxie. Elle entraîne le mal des montagnes, plus ou moins aigu.

La définition de l’hypoxie

L’être humain a besoin d’oxygène pour vivre. Cet oxygène contenu dans l’air est transporté par l’hémoglobine, contenue dans nos globules rouges, et constituant de notre sang.

Si l’apport en oxygène diminue, le sang transporte moins d’oxygène : c’est l’hypoxie. C’est une forme d’asphyxie de notre organisme et des tissus qui le composent entraînant une souffrance cellulaire en particulier aux niveaux cérébral et pulmonaire.

L’hypoxie et l’effort physique

Gouttes de sangLorsque l’altitude augmente, la pression atmosphérique diminue. Lorsque la pression atmosphérique diminue, la pression partielle de l’oxygène dans l’air ambiante diminue. Conséquence : il passe une moins grande quantité d’oxygène dans le sang.

L’oxygène est indispensable à l’effort musculaire, l’hypoxie diminue la performance sportive.

À 5000 m le volume d’oxygène est diminué de 30% ; à 8 000 m de 70%. Pour compenser cette rareté d’oxygène, l’organisme a besoin d’un nombre plus important de globules rouges.

 L’acclimatation progressiveIllustration montagne

Les 10 jours de trek avant l’ascension ont permis aux organismes des équipiers Manaslu 2009 de multiplier leurs globules rouges et d’affronter les derniers 3 000 m de dénivelé dans les meilleures conditions possibles.

L’expérience de Florent et Philippe nous enseigne qu’il existe une grande variabilité individuelle dans la réponse à l’altitude. Pour éclairer la décision de Paulo Grobel, il faut également savoir que pour l’homme, la vie permanente au delà de 4 000 m n’est pas possible ;  l’état de santé, après une phase d’acclimatation, se dégradant au fur et à mesure que le séjour se prolonge.

L’exploit sportif

Escalade sur glacierL’hypoxie ou manque d’oxygène
Avec la raréfaction de l’oxygène (à 7000 mètres l’oxygène disponible dans l’air n’est plus que de 40%, 35% à 8 000 mètres), l’altitude sape d’abord l’activité musculaire, puis perturbe le fonctionnement des reins, la digestion et les fonctions cérébrales.

Au-dessus de 6000 mètres, plus de 60% de nos moyens physiques se sont envolés… Le style de progression classique au-dessus de 7000, la technique himalayenne, consiste à monter de plus en plus haut installer des camps d’altitude en redescendant tous les deux jours au camp de base situé entre 5000 et 6000 mètres. Ceci pour permettre à l’organisme de s’acclimater.
Pour l’ascension du Manaslu, trois camps sont classiquement installés : le C1 à 5 400 m, le C2 à 6 300 m et le C3 à 7 300 m. Ces longs déplacements pour rejoindre les camps
(800 à 1000 mètres de dénivelés entre chaque camp) sont très coûteux en énergie.
Nous adopterons un autre mode de progression !

SUIVI LOGISTIQUE AU NÉPAL
Agence de Kathmandu

Elle s’occupe des formalités administratives, des relations avec la douane, des permis
de trek et d’ascension, de l’évacuation éventuelle…

SUIVI MÉDICAL AU NÉPAL
Ifremmont : Institut de formation et de recherche en médecine de montagne.

Paulo Grobel sera correspondant de l’Ifremmont pendant toute la durée de l’expédition.
Ce service permet d’obtenir un suivi médical par téléphone, 24h/24.

À noter : une pharmacie importante et un caisson hyperbare seront installés au camp de base.