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Portage entre les camps 2 et 3, fatigue et hypoxie

87 – 6 mai. Portage entre les camps 2 et 3

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Au jour le jour : le pays de l’oxygène rare

Pour prolonger les « Flash back de Philippe » et mieux appréhender les conditions extrêmes dans lesquelles nos deux alpinistes ont vécu :

Florent et Philippe  ont affronté un phénomène physique qui devient redoutable dès lors que l’on est en altitude extrême (+ 5 000 m) : l’hypoxie. Elle entraîne le mal des montagnes, plus ou moins aigu.

La définition de l’hypoxie

L’être humain a besoin d’oxygène pour vivre. Cet oxygène contenu dans l’air est transporté par l’hémoglobine, contenue dans nos globules rouges, et constituant de notre sang.

Si l’apport en oxygène diminue, le sang transporte moins d’oxygène : c’est l’hypoxie. C’est une forme d’asphyxie de notre organisme et des tissus qui le composent entraînant une souffrance cellulaire en particulier aux niveaux cérébral et pulmonaire.

L’hypoxie et l’effort physique

Gouttes de sangLorsque l’altitude augmente, la pression atmosphérique diminue. Lorsque la pression atmosphérique diminue, la pression partielle de l’oxygène dans l’air ambiante diminue. Conséquence : il passe une moins grande quantité d’oxygène dans le sang.

L’oxygène est indispensable à l’effort musculaire, l’hypoxie diminue la performance sportive.

À 5000 m le volume d’oxygène est diminué de 30% ; à 8 000 m de 70%. Pour compenser cette rareté d’oxygène, l’organisme a besoin d’un nombre plus important de globules rouges.

 L’acclimatation progressiveIllustration montagne

Les 10 jours de trek avant l’ascension ont permis aux organismes des équipiers Manaslu 2009 de multiplier leurs globules rouges et d’affronter les derniers 3 000 m de dénivelé dans les meilleures conditions possibles.

L’expérience de Florent et Philippe nous enseigne qu’il existe une grande variabilité individuelle dans la réponse à l’altitude. Pour éclairer la décision de Paulo Grobel, il faut également savoir que pour l’homme, la vie permanente au delà de 4 000 m n’est pas possible ;  l’état de santé, après une phase d’acclimatation, se dégradant au fur et à mesure que le séjour se prolonge.

Au jour le jour : « progresser et décider ensemble »

Des grimpeurs solidairesGroupe Manaslu 2009 - Week-end préparation

A l’opposé des ascensions traditionnelles dans l’Himalaya qui voient des grimpeurs solitaires s’éparpiller le long des dénivelés considérables, le groupe des « Manaslu 2009 » a choisi de progresser en cordée c’est-à-dire ensemble, par binôme et de s’attendre régulièrement de sorte à dresser ensemble, chaque jour, les tentes en altitude.

L’hypoxie, le manque d’oxygène, altère les facultés mentales et gêne considérablement l’analyse. En haute altitude, les risques sont souvent mal évalués ; les prises de décisions aléatoires.

Des décisions mutualisées

Pour limiter ce phénomène, les grimpeurs de l’expédition ont décidé de mutualiser les prises de décision, ce qui suppose de rester groupés et de prendre le temps d’échanger.

Par exemple, la pharmacie est mutualisée de sorte qu’aucun alpiniste ne pourra s’automédicaliser sans en avoir informé le reste de l’équipe voire sans l’avis des autres grimpeurs.

Progresser et décider ensemble !

Photo : groupe des Manaslu 2009 - week-end de préparation - mars 2009